Élaborez votre pensée

Homme/Femme, quelle différence ?

Des différences certes, mais distingue-t-on clairement celles qui relèvent de la construction sociale, ancrées dans l’inconscient, et celles, subtiles, variées, qui échappent aux multiples analyses, qui fondent notre vie quotidienne ?
Pourquoi toute différence génère-t-elle des valeurs et comportements hiérarchisés ?
La question du genre (distinct de celle du sexe) comme les difficultés relationnelles des couples homosexuels offrent une approche nouvelle du lien féminin-masculin.
Avec le support d’outils de réflexion, nous tenterons de cerner les préjugés, mais aussi de les remettre dans le jeu de la vérité.
Venez en discuter avec nous !
Compte-rendu de l’atelier « Élaborez votre pensée » du 14 septembre 2017

Dans les rapports homme/femme, il importe de bien distinguer le « genre du sexe ». Le fait que tout soit sexué dans le règne biologique n’induit pas que soient naturelles la classification et la hiérarchisation qui prévalent toujours dans la distribution des rôles (avec les responsabilités et les obligations qui leur sont attachées). Pour le dire autrement, le processus de socialisation qu’implique la différenciation des genres relève du conditionnement, et non de la détermination. En 1949, Simone de Beauvoir l’avait déjà affirmé : « on ne naît pas femme, on le devient ».

Cette répartition des positions entre l’homme et la femme est donc socio-culturelle (dans certaines ethnies d’Afrique et d’Asie, les femmes occupent traditionnellement le pouvoir) et même institutionnelle (que l’on pense à l’organisation de la famille avec la législation qui l’entoure encore). Mais nous pensons que cette distribution des tâches a aussi un fondement psychologique : en ce sens, la peur de l’Autre (à entendre au sens large comme celui qui est différent de nous, qu’une forme de ségrégation — moins présente dans notre culture occidentale, il est vrai — ne nous permet pas de bien connaître ou comprendre) explique sans doute mieux la soumission mutuelle d’un sexe vis-à-vis de l’autre et par l’autre. Car, il ne faut pas s’y tromper : entre l’homme et la femme, il s’agit d’une relation faite de co-dépendances et donc de libertés brimées de part et d’autre.

Que nous soyons homme ou femme notre recherche d’émancipation ne risque-elle pas – parfois — d’enfermer le sexe opposé dans un rôle que ce dernier ne désire plus remplir? Et si nous recherchions en l’autre simplement ce qui nous manque ou ce que nous n’avons pas appris à être ? Se pose alors la question de l’éducation qui devrait être donnée aux filles et aux garçons pour qu’en fin de compte ils se retrouvent dans des caractéristiques qu’ils auraient sciemment choisies et non plus qui se seraient imposées à eux par conditionnement (ou détermination).

Et si la femme n’était qu’un homme comme les autres ? Et si l’homme n’était qu’une femme parmi d’autres ? Et si la différenciation n’était finalement qu’artificielle ? Dès lors, l’évolution des mentalités et des mœurs ne doit-elle pas plutôt viser la complémentarité, non plus de l’homme et de la femme, mais de chaque individu à l’égard de l’autre ? L’on ne devient pleinement soi que dans l’interaction avec l’autre !

Femme-homme : quelle chance que cette complémentarité à promouvoir !

Prochaine rencontre : le jeudi 19 octobre à 19h en la Bibliothèque publique de Vielsalm

Thème de la soirée : « La violence peut-elle être légitime ou justifiée ? »

 

Les commentaires sont fermés.