Élaborez votre pensée

La Peur de la liberté

Compte-rendu de l’atelier « Élaborez votre pensée » du 12 janvier 2017

Née de la modernité révolutionnaire, l’idée de liberté se conçoit doublement : d’un côté, le domaine matériel du politique en termes de « pouvoir faire » (Yes, we can !), de licences et par là d’interdits ; de l’autre, les deux registres, psychologique et moral, de la volonté, celle-là même qui, percevant souvent l’outrage, semble, aujourd’hui encore, en proie à se rebiffer.

Position paradoxale dès lors, la liberté ne se mesure qu’à l’aune de la contrainte réellement ressentie ou seulement suggérée. Autrement dit, faut-il que nous soyons pressés par une quelconque force extérieure pour que nous réclamions plus d’autonomie ? Ne sommes-nous pas capables d’exiger ce toujours plus de liberté depuis et par nous-mêmes uniquement ?

Sont aujourd’hui largement dénoncés le politico-financier avec les médias qui sont entre ses mains. En outre, l’exigence de cadence effrénée (elle-même impulsée par l’informatisation tous azimuts) a pris possession de nos modes de vie. Donc, haro sur le « système » ! de toute manière. Pourtant, une autre attitude plus productive est possible. Ne pourrions-nous pas simplement prendre davantage le temps, celui d’abord de l’effort réflexif pour réévaluer en profondeur l’ensemble de nos valeurs… Ce faisant, il ne s’agirait pas de revenir en arrière (d’effectuer une « ré »‑volution) mais bien plutôt de viser une évolution : rendre à nouveau vertueux le cercle qui nous semble être celui pour le moment d’une déliquescence (dont nous ne nous étonnerions plus qu’elle soit elle-même programmée à l’échelle de la planète). Reprendre, en somme, le chemin du dialogue pour construire une existence plus harmonieuse !

Au nom de la bien-pensance, d’autres, assurément dérangés dans leur « prévaloir », auront vite fait de crier au populisme ou au « complotisme ». Et effectivement, c’est aussi le discours (sa tonalité) et le langage (ses normes grammaticales) qui peuvent élever, à l’encontre du langage courant, toutes leurs potentialités disruptives. Peut-être que les Présocratiques l’avaient déjà compris : en effet, ne se voulaient-ils avant tout poètes. Quant aux discours platoniciens, eux aussi exposent à l’envi combien il est nécessaire à l’intelligence imaginative, afin d’émerger, de se débattre au sein des normes établies de l’opinion.

La rébellion est dans l’air du temps. Il est dommage pourtant que chacun attende de l’autre qu’il lui dise comment mener cette reconquête de lui-même, voire souhaite peut-être la venue d’un nouveau « messie » derrière lequel « dé-pouvoir » se ranger. « N’ayons pas peur ! » Il importe que chacun devienne, personnellement, le créateur de sa propre pratique libertaire.

Prochaine rencontre le 9 février, à 19h30, dans les locaux de la Bibliothèque.

Thème choisi : « La Tyrannie de la liberté ».

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