Élaborez votre pensée

 

 

LA VIOLENCE PEUT-ELLE ÊTRE JUSTIFIÉE ?

Compte-rendu de l’atelier philosophique tenu ce 19 octobre 2017

Lorsqu’on parle de violence, l’on pense d’abord aux relations entre personnes (mais l’on peut aussi parler de la violence faite à la nature et, par analogie, de celle produite par la nature, de la violence exercée contre l’animal ou même vis-à-vis des objets…). Qu’elle soit physique ou morale, elle est parfois même celle qu’une personne s’inflige à elle-même. Qu’un équilibre psychocorporel soit perturbé, qu’un rythme contre nature soit imposé (par exemple celui subi par un enfant) ou qu’une peur non raisonnée s’immisce dans un esprit, peut alors se déclencher une réaction envers les autres ou soi-même.

Une autre forme de violence est celle qui s’exerce à l’encontre de groupes sociaux, et à l’intérieur de ceux-ci contre l’individu isolé qui est en attente d’un autre mode de socialité que celle imposée par le système libéral et son monde de compétitivité. D’un côté, un cadre légal dicté, semble-t-il, par quelques intérêts de holdings surpuissants ; de l’autre, le droit à la légitime défense revendiquée au nom de plus de justice et d’éthique dans les rapports humains. Face à la norme médiatico-financière des trois n — le prétendument « naturel-normal-nécessaire » — qui tente d’imposer sa loi au niveau global, des revendications prennent comme référence une réalité de base — le basic — en tant que redéploiement d’une authenticité plus profonde. Ce type, souvent local, de contestation en faveur d’une nouvelle hiérarchisation des valeurs, et donc plus respectueuse de la dignité de l’homme et des communautés, se heurte à des résistances plus ou moins concertées ou coalisées, telles que celles des droits constitutionnel et politique, mais aussi international et bancaire (pourtant censés être au service des citoyens). Pression – contrepression – répression (de la police ou de l’armée). Quel parti choisir !? Il nous semble, pour le moins, qu’une quête légitime de moralité et de justice, et donc du bien et du bonheur collectif, doit l’emporter sur le simplement légal, qui apparaît trop souvent dévoyé.

À l’ensemble de ce développement, un point d’importance doit être ajouté. Pour qu’une réaction à la violence ait des chances de se manifester, il faut déjà que cette dernière puisse faire l’objet d’une prise de conscience. Or, la violence s’exerce aussi et en grande partie au niveau de nos représentations mentales, à titre de croyances. Cela signifie que nous sommes simplement enclins à croire, sans nullement nous interroger, que ce qui est établi (souvent par une différenciation de classe sociale), relève de ce qui est « naturel-normal-nécessaire ». Cette violence est celle du symbolique dont Dom Helder Camara (évêque catholique brésilien, 1909 – 1999) disait déjà qu’elle « permet le fonctionnement d’un système, le légitime. Elle fait aussi obstacle à la saisie de ses excès et à la capacité d’y répondre. » C’est pourquoi, un débat d’idées nous aide à bousculer ce faux-semblant de normalité et aussi à élaborer, petit à petit, une pensée autre, anti-nomique, capable de contrer l’oppressante (non-)pensée.

Prochaine rencontre : le jeudi 23 novembre à 19h en la Bibliothèque publique de Vielsalm

Thème de la soirée : « Avons-nous ce que nous méritons ? »

Élaborez votre pensée

Homme/Femme, quelle différence ?

Des différences certes, mais distingue-t-on clairement celles qui relèvent de la construction sociale, ancrées dans l’inconscient, et celles, subtiles, variées, qui échappent aux multiples analyses, qui fondent notre vie quotidienne ?
Pourquoi toute différence génère-t-elle des valeurs et comportements hiérarchisés ?
La question du genre (distinct de celle du sexe) comme les difficultés relationnelles des couples homosexuels offrent une approche nouvelle du lien féminin-masculin.
Avec le support d’outils de réflexion, nous tenterons de cerner les préjugés, mais aussi de les remettre dans le jeu de la vérité.
Venez en discuter avec nous !
Compte-rendu de l’atelier « Élaborez votre pensée » du 14 septembre 2017

Dans les rapports homme/femme, il importe de bien distinguer le « genre du sexe ». Le fait que tout soit sexué dans le règne biologique n’induit pas que soient naturelles la classification et la hiérarchisation qui prévalent toujours dans la distribution des rôles (avec les responsabilités et les obligations qui leur sont attachées). Pour le dire autrement, le processus de socialisation qu’implique la différenciation des genres relève du conditionnement, et non de la détermination. En 1949, Simone de Beauvoir l’avait déjà affirmé : « on ne naît pas femme, on le devient ».

Cette répartition des positions entre l’homme et la femme est donc socio-culturelle (dans certaines ethnies d’Afrique et d’Asie, les femmes occupent traditionnellement le pouvoir) et même institutionnelle (que l’on pense à l’organisation de la famille avec la législation qui l’entoure encore). Mais nous pensons que cette distribution des tâches a aussi un fondement psychologique : en ce sens, la peur de l’Autre (à entendre au sens large comme celui qui est différent de nous, qu’une forme de ségrégation — moins présente dans notre culture occidentale, il est vrai — ne nous permet pas de bien connaître ou comprendre) explique sans doute mieux la soumission mutuelle d’un sexe vis-à-vis de l’autre et par l’autre. Car, il ne faut pas s’y tromper : entre l’homme et la femme, il s’agit d’une relation faite de co-dépendances et donc de libertés brimées de part et d’autre.

Que nous soyons homme ou femme notre recherche d’émancipation ne risque-elle pas – parfois — d’enfermer le sexe opposé dans un rôle que ce dernier ne désire plus remplir? Et si nous recherchions en l’autre simplement ce qui nous manque ou ce que nous n’avons pas appris à être ? Se pose alors la question de l’éducation qui devrait être donnée aux filles et aux garçons pour qu’en fin de compte ils se retrouvent dans des caractéristiques qu’ils auraient sciemment choisies et non plus qui se seraient imposées à eux par conditionnement (ou détermination).

Et si la femme n’était qu’un homme comme les autres ? Et si l’homme n’était qu’une femme parmi d’autres ? Et si la différenciation n’était finalement qu’artificielle ? Dès lors, l’évolution des mentalités et des mœurs ne doit-elle pas plutôt viser la complémentarité, non plus de l’homme et de la femme, mais de chaque individu à l’égard de l’autre ? L’on ne devient pleinement soi que dans l’interaction avec l’autre !

Femme-homme : quelle chance que cette complémentarité à promouvoir !

Prochaine rencontre : le jeudi 19 octobre à 19h en la Bibliothèque publique de Vielsalm

Thème de la soirée : « La violence peut-elle être légitime ou justifiée ? »

 

Kikalukoi

 

Et voici ceux dont nous avons parlé :

Les lois naturelles de l’enfant / Céline Alvarez (Les Arènes)

Papa, maman j’y arrive pas / Marie-Claire Maisonneuve (Ed. Quintessence)

L’ordre du jour / Eric Vuillard (Actes Sud)

Raboliot / Maurice Genevoix (Grasset)

Jean-Christophe Ruffin

Règne animal / Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard)

Le nœud de vipère / François Mauriac (Livre de poche)

La lumière des justes / Henri Troyat

Le choix de Sophie / William Styron (Gallimard)

Underground Railroad / Colson Whitehead (Albin Michel)

La tresse / Laetitia Colombani (Bernard Grasset)

Vernon Subutex / Virginie Despentes (Bernard Grasset)

« Arrête avec tes mensonges » / Philippe Besson (Julliard)

Je voulais juste vivre / Yeonmi Park (Kéro)

Le mystère Henry Pick / David Foenkinos (Gallimard)

Le dernier des nôtres / Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Grasset)

Le grand jeu / Céline Ménard (Rivages)

Il était une lettre / Kathryn Hughes (Livre de poche)

La ferme du bout du monde / Sarah Vaughan (Préludes)